Sur le terrain

La Turquie, l’Ecosse et la Corée du Sud font leurs grands débuts dans l’épreuve. Les turcs réussissent l’exploit d’éliminer l’Espagne en qualification.

Luigi Franco Gemma

Luigi Franco Gemma envoie la Turquie en Suisse

Après avoir lourdement perdu à Madrid, les turcs s’imposent à Istanbul. A égalité de points, la différence de but n’étant pas prise en compte, un match d’appui est organisé à Rome. Se soldant sur un résultat nul, le vainqueur devra alors être désigné par tirage au sort. Luigi Franco Gemma, 14 ans, fils d’un employé du stade, qualifie la Turquie pour la Coupe du Monde. Elle n’y réapparaitra pas avant 2002.

Le format de la compétition est unique. Les seize équipes qualifiées sont réparties en quatre groupes de quatre avec dans chaque, deux têtes de série qui ne s’affronteront pas. Autre originalité, les quatre premiers sont placés d’un côté du tableau final, les quatre seconds de l’autre. La finale oppose donc en quelque sorte le meilleur premier au meilleur second.

Pour la première fois, la télévision retransmet les matchs de la Coupe du Monde.

Avec 5.38 buts par match, l’édition 1954 reste la plus prolifique de l’histoire. La Hongrie est la meilleure attaque de l’histoire avec 27 buts inscrits, l’Allemagne de l’Ouest le champion le plus prolifique (25 buts inscrits) mais également la plus mauvaise défense championne du monde (14 buts encaissés).

Autriche – Suisse qui se conclut sur une victoire 7-5 des autrichiens est le match le plus prolifique de l’histoire, Hongrie – Corée du Sud restant le plus gros carton.

L’Allemagne de l’Ouest devient le premier champion du monde à avoir perdu un match durant la compétition et reste le premier champion du monde composé exclusivement de joueurs amateurs.

L’édition 1954 est la seule de l’histoire dans laquelle aucune équipe ne sera parvenue à rester invaincue.


Hors du terrain

La victoire allemande, outre constituer l’une des plus grande surprise de l’histoire aura surtout bien des répercussions politiques. Pour la première fois depuis la fin de la guerre, l’hymne allemand est à nouveau joué pendant une compétition internationale. Le Miracle de Berne constitue pour nombre de sociologues et historiens l’acte fondateur de l’Allemagne moderne. Du côté de la Hongrie, l’échec du Onze d’or laisse place à de vigoureuses protestations dans les rues de Budapest. A leur retour, les joueurs hongrois sont arrêtés et séquestrés dans un hôtel. Deux ans plus tard, la révolte éclate. A l’heure om les chars soviétiques pénètrent dans Budapest, les joueurs, à l’étranger, partent en exil. Certains ne rentreront jamais au pays.

Plusieurs années plus tard, alors que des doutes planaient sur les mystérieuses vitamines prises par les Allemands à la mi-temps du match, un analyse menée par l’Université de Leipzig confirme la thèse du dopage.